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Geoffrey Brennan et Michel Buchanan terminent ainsi leur livre La raison des normes: « Les bons jeux dépendent des bonnes règles plus que des bons joueurs. Par chance pour nous, et étant donné surtout la raison des règles, il est toujours plus facile d?arriver à un accord sur un ensemble des règles que sur celui qui est notre joueur favori. »
Nous avons déjà vu que le succès de la liberté économique reste analogue au besoin de se contrôler par l?éthique. Plus liberté, plus besoin de domination de soi-même éthique personnelle qui s?élargit encore plus et qui génère un processus cumulatif de liberté plus grand dans un cadre de plus en plus juste et enrichissant. La liberté est, par définition, la condition « sine qua non » pour qu?on puisse parler des compromis éthiques. Dit au contraire : à plus grande obligation, moins responsabilité personnelle et moins éthique. Le fait d?obliger est négatif car il élimine la valeur intrinsèque de la responsabilité personnelle en faisant de l?homme obligé un instrument dans l?achèvement des fins d?un autre. Dans tous les traités basiques d?éthique, on peut lire que la morale est, à l?homme, une valeur ou une réalité qui résulte de l?exercice de sa liberté, un caractère essentiel et spécifique à lui, en comparaison aux êtres inférieurs. La morale ou la moralité ne peut pas jaillir là où l?homme n?agit pas en liberté. Au contraire, la moralité ne peut pas être absente de l?activité libre ou humaine au sens propre.
C?est pour cela qu?il est convenable d?insister sur la convenance du libre marché qui est si ancien dans l?histoire humaine que le commerce grec ou phénicien. Basé sur un « style de vie en liberté », selon Tocqueville, et sur le respect et la défense de la propriété privée des biens, il déclenche un changement fluide et volontaire qui enrichit tous et chacun qui participe à cet organisme économique. La coopération spontanée mène à bout grâce à la flexibilité des prix en tant qu?instrument pour l?assignation des ressources. Les personnes, les familles et entreprises choisissent économiquement en liberté en assumant les résultats, positifs ou négatifs, des choix élus.
Mais la liberté humaine est limitée. Elle n?est pas une valeur absolue. Elle est ordonnée et elle détienne la puissance pour le bien et pour la vérité. Sa pénurie et faillibilité ont besoin de quelques règles générales pour l?orienter vers le bon chemin. Elle reste limitée par la loi, la morale et le préjudice aux tiers. Le marché a besoin des règles et des institutions qui la règlent. Il n?y aura pas des apports essentiels si, au lieu de faire attention aux lois et aux institutions de base, où la conduite individuelle sur les marchés se développe, on travaille seulement sur des complexes exercices analytiques neutres sur son fonctionnement. Selon le libéral Hayek : « Il est probable on n?a jamais cru vraiment à la liberté et que, pour cela, on n?a jamais essayé de mettre en fonctionnement avec succès une société libre sans une vraie révérence pour les institutions qui se développent, pour toutes ces habitudes et sécurités de la liberté qui surgissent de la régulation des anciens préceptes et habitudes. Même s?il semble paradoxal, il est probable qu?une prospère société libre soit en grande mesure une société des liens traditionnels. »
La plupart des décisions dans le cadre économique et financier se prennent selon la régularité qui est le fruit des patrons de conduite inconscients produit des habitudes, règles et principes fermement assis. Plusieurs fois l?acteur ne connaît pas la signification mais il agit de manière automatique selon ses recommandations parce qu?il est conscient que celles-ci augmentent la capacité de réussite. Ces qualités stables presque inconscientes son des habitudes opérationnelles qui peuvent être positives (vertus) ou négatives (vices). Lorsque nous disons qu?un homme est loyal nous voulons dire qu?il a une qualité stable qui lui permet de réaliser rapidement, sans un grand effort et sans presque délibération, des actes de loyauté. L?obligation peut se réduire au minimum lorsque les individus se conforment volontairement aux principes naturels. La liberté ne donne jamais fruit sans l?existence de profonds principes moraux qui se développent dans une diversité d?habitudes pratiques dans la vie quotidienne.
En plus des attitudes pratiques intériorisées qui dérivent des principes et des lois éthiques, des règles institutionnalisées sont nécessaires. Celles-ci, par sa promulgation ou par l?habitude, définissent les espaces privés où chacun de nous peut mener ses propres activités et trouvent sa raison d?être à l?aspiration des gens à vivre de manière civilisée en harmonie sans le recours continu à la guerre de Hobbes (tous contre tous) ou à la loi du plus fort. Ces espaces délimités par la loi et la morale permettent d?exercer l?autonomie privée en tant que force créatrice de droits qui se manifeste dans des actes, aussi juridiques, parmi lesquels le contrat a une signification spéciale. L?harmonisation entre la liberté et les lois qui la règlent permet de développer le pouvoir d?installer ses propres normes en exprimant le domaine de soi-même et le domaine de son entourage. Cette capacité prend forme à la possibilité de régler ses cadres de liberté et au pouvoir d?agir sur les situations juridiques qui son sous son domaine.
Pour le fonctionnement des marchés, sont nécessaires les règles communément acceptées encore plus que les équations, modèles et opérations intelligentes,. Ce cadre juridique doit être simple et stable car, si les règles sont soumises à des changements continuels, l?information qui fournissent peut rester stérile par sa superfluité. Le consensus volontaire des règles génère une promesse de conduite que nous ne pouvons pas décevoir, car elle cause un grave préjudice à ceux qui attendent légitimement de nous la conformité avec la promesse faite.
Un principe essentiel si bien dans l?économie et que dans la justice dans l?éthique est la généralité, la clarté et la permanence de l?application de mêmes règles à tous les participants sur les marchés sans privilèges ni discriminations. Un autre problème est le choix entre règles alternatives mais, étant donné certaines règles, la stabilité et le succès de son fonctionnement dépende de son applicabilité à caractère général. Si un opérateur n?accepte pas les règles dans son propre bénéfice personne ne pourra assurer que les autres ne le fassent aussi dans le préjudice du premier. Les discriminations, privilèges et le fait d?être permissif avec les règles, créent des stimules pour se consacrer en exclusive à atteindre des rentabilités moyennant des privilèges et pour mettre de côté la concurrence créatrice. La recherche juste du bénéfice reste viciée par la concurrence déloyale discriminatoire et les marchés se dégradent. Ils peuvent arriver à disparaître et peuvent devenir des mécanismes apparents où l?assignation est, en réalité, à caractère interventionniste pour celui qui possède le pouvoir de discrimination. L?égoïsme inconscient des agents leur mène à prêter plus d?attention aux résultats conjoncturels qu?au bénéfice secondaire général et réel du respect par les lois. Ils ne prêtent attention qu?aux résultats sans réfléchir sur les règles qui les génèrent. Ils ne comprennent pas qu?en plus on obtienne une meilleure réforme des résultats par le biais de la réforme des règles que par le biais de la manipulation directe des résultats.
José Juan Franch Menéu
Professeur d?Économie Politique
Universidad Autónoma de Madrid
Gaceta de los Negocios
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