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Le mouvement ETA, Herri Batasuna et Arzallus ont, dernièrement, ramené à ma mémoire quelques réflexions que je considère importantes. Permettez, que pour une fois, je n?écrive, apparemment pas, sur des sujets économiques.
Malgré ce qui se publie, et en examinant les faits et les attitudes réels, il ne semble pas que nous vivions dans une société flexible, ouverte, tolérante et laïcisée, mais qu?au contraire, il semble que quiconque se promenant dans nos rues et habitant le voisinage mette un point d?honneur à suivre la coutume médiévale d?accrocher au cou d?un individu une pancarte, de lui coller une étiquette. Continuellement nous nous consacrons, presque sans nous en rendre compte, à enserrer les gens avec rigidité dans le corset de la mauvaise réputation, corset dont les victimes pourront difficilement se défaire. Nous remplaçons ce qui est substantiel par ce qui est purement accidentel, le contenu par le contenant, ce qui est permanent par ce qui est une simple anecdote, ce qui est important par ce qui est circonstanciel, la personne par sa fonction. Nous classons les gens en leur faisant enfiler de multiples camisoles de force qui les emprisonnent et défigurent l?allure originale de chacun. Nous ne sommes plus qui nous sommes, mais à cause de circonstances accessoires, les conventionnalismes nous transforment en blancs ou noirs ; en ceux du Nord ou ceux du Sud ; en travailleurs ou employeurs; en machistes ou féministes ; en consommateurs ou producteurs ; en basques, catalans, aragonais, andalous, bosniaques, canadiens, marocains, espagnols, chinois ou japonais; protestants ou musulmans; fumeurs ou non-fumeurs ; de droite ou de gauche ;?etc. Non seulement nous échangeons la personnalité radicalement inimitable par un accident ou une fonction mais en plus, par la suite, nous nous regroupons autour de cet accident, nous l?idolâtrons à un point inimaginable, nous nous retranchons, et nous nous affrontons violemment avec les groupes opposés, faisant des luttes tribales les plus sanguinaires une réalité quotidienne en ce début de XXI ème siècle.
Il y a peu de temps, je lisais des études scientifiques anthropologiques qui démontraient que tout le genre humain descend d?une seule femme. Nous sommes tous des indigènes éparpillés dans le monde. Je ne suis pas, bien que je le sois, libéral, Valencien, Madrilène, Espagnol, économiste, professeur, croyant ni marié. Chacun est ce qu?il est, et c?est tout. Ni plus ni moins que citoyen du monde. Je suis l?ignorant que je suis et chacun est ce qu?il est. Pour m?identifier, mon nom suffit. Fils de mes parents, père de mes enfants, mari de ma femme. Je veux être, et je suis, un inconnu intégral qui demande continuellement, en me basant sur une justice serviable, quelque chose de simple et pourtant si productif : la PAIX !!!
José Juan Franch
Professeur titulaire d?Economie Politique
Université Autonome de Madrid
Diario 16
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